Amazon SES : comment améliorer la délivrabilité de vos emails

DKIM, SPF, DMARC, warm-up, rebonds et plaintes : les réglages et les habitudes qui comptent vraiment pour envoyer des newsletters avec Amazon SES.

Une enveloppe qui arrive dans une corbeille de réception, protégée par un bouclier coché, à côté d'une jauge et d'une clé.

Vous avez configuré Amazon SES, vérifié votre domaine et envoyé votre première campagne. SES indique que les emails ont bien été livrés. Pourtant, certains abonnés ne voient rien dans leur boîte de réception.

C'est là toute la difficulté : un email accepté par Gmail ou Outlook n'est pas forcément un email arrivé en boîte de réception. Il peut avoir été classé en spam. Et Amazon SES, aussi fiable soit-il pour acheminer des messages, ne décide pas de ce classement.

Pour améliorer vos chances d'arriver au bon endroit, il faut travailler sur deux fronts : la configuration technique de votre domaine et la manière dont vous envoyez vos campagnes. Voici les points à vérifier, sans promettre de recette miracle.

Commencez par l'authentification du domaine

Avant même de vous demander combien d'emails envoyer, assurez-vous que les messageries peuvent vérifier leur provenance. Trois mécanismes reviennent partout : DKIM, SPF et DMARC. Leurs noms sont peu accueillants, mais leur rôle est assez simple.

DKIM : signer les emails envoyés

DKIM ajoute une signature cryptographique à vos messages. Elle permet au serveur destinataire de vérifier que l'email a bien été signé par un domaine autorisé et que son contenu signé n'a pas été modifié en chemin.

Avec Easy DKIM, Amazon SES fournit généralement trois enregistrements CNAME à ajouter dans votre DNS. Une fois la configuration validée, SES signe vos messages. C'est souvent la partie la plus simple à mettre en place.

SPF : vérifier le serveur qui envoie

SPF permet de vérifier qu'un serveur est autorisé à envoyer des emails pour le domaine utilisé dans l'adresse de retour technique (MAIL FROM). Par défaut, SES utilise un domaine appartenant à Amazon. SPF peut donc réussir sans être aligné avec le domaine visible dans l'adresse « De ».

Pour utiliser votre propre domaine, vous pouvez configurer un MAIL FROM personnalisé, par exemple mail.votredomaine.com :

mail.votredomaine.com  MX   10 feedback-smtp.eu-west-1.amazonses.com
mail.votredomaine.com  TXT  "v=spf1 include:amazonses.com ~all"

Ici, eu-west-1 correspond à la région SES utilisée dans cet exemple : adaptez-la à la vôtre. Un domaine MAIL FROM personnalisé peut permettre l'alignement SPF demandé par DMARC. Ce n'est toutefois pas une obligation si DKIM est déjà correctement aligné avec votre domaine d'expédition.

DMARC : définir une politique et recevoir des rapports

DMARC s'appuie sur SPF et DKIM, avec une condition importante : au moins l'un des deux doit être aligné avec le domaine visible dans l'adresse « De ».

Pour commencer, vous pouvez publier cet enregistrement DNS :

_dmarc.votredomaine.com  TXT  "v=DMARC1; p=none; rua=mailto:dmarc@votredomaine.com"

Avec p=none, vous demandez des rapports sans imposer de mise en quarantaine ou de rejet aux messages qui échouent à DMARC. Prévoyez une boîte ou un service capable de recevoir et d'analyser ces rapports : ils sont souvent au format XML et peu agréables à lire tels quels.

Après avoir vérifié que tous vos services d'envoi sont correctement authentifiés, vous pourrez envisager une politique plus stricte, comme p=quarantine ou p=reject. Ne durcissez pas la politique à l'aveugle : vous pourriez bloquer des emails légitimes envoyés par d'autres outils de votre entreprise.

Pour les expéditeurs de gros volumes, Gmail et Yahoo imposent des exigences supplémentaires, notamment autour de l'authentification et de la désinscription. Les détails dépendent du fournisseur et du type d'envoi.

N'envoyez pas toute votre liste d'un seul coup

Imaginez un domaine qui n'a presque jamais envoyé d'emails et qui expédie soudainement 40 000 newsletters. Même si les destinataires se sont inscrits volontairement, ce changement brutal peut éveiller la méfiance des messageries.

C'est l'intérêt du warm-up : augmenter progressivement le volume, tout en observant comment les messages sont reçus. Avec les IP partagées de SES, AWS gère l'infrastructure et la réputation de ces IP, mais la réputation de votre domaine et la qualité de votre audience restent votre responsabilité. Avec des IP dédiées, leur réputation entre également en jeu.

Commencez par les abonnés les plus actifs : ceux qui ont récemment cliqué ou interagi avec vos emails. Puis élargissez progressivement l'audience si les indicateurs restent bons. Les ouvertures peuvent donner un indice, mais elles ne sont pas toujours fiables à cause des protections de confidentialité de certaines messageries.

À titre d'illustration, une montée vers 40 000 destinataires pourrait ressembler à ceci :

Jour Volume indicatif
1 1 000
3 2 000
5 4 000
7 8 000
9 15 000
11 25 000
13 40 000

Ce tableau n'est pas un calendrier à suivre coûte que coûte. Si votre liste est ancienne, si vous envoyez peu souvent ou si les premiers résultats sont mauvais, il peut être nécessaire d'aller beaucoup plus lentement. À l'inverse, un expéditeur déjà établi n'a pas forcément besoin de repartir de zéro.

Et surtout, le warm-up ne rend pas une mauvaise liste acceptable. Si les contacts ne s'attendent pas à recevoir vos messages, augmenter le volume progressivement ne résoudra pas le problème.

Les rebonds : ne continuez pas à écrire aux mauvaises adresses

Un bounce, ou rebond, signifie qu'un email n'a pas pu être remis. Il faut distinguer deux situations :

  • Rebond permanent (hard bounce) : l'adresse est invalide, par exemple parce qu'elle n'existe pas. Elle doit être exclue des prochains envois.
  • Rebond temporaire (soft bounce) : la boîte peut être pleine ou le serveur momentanément indisponible. SES peut retenter la livraison ; si le problème se répète, mieux vaut cesser d'envoyer à cette adresse.

Amazon SES surveille le taux de rebonds de votre compte. Voici les repères couramment utilisés dans sa documentation de réputation :

Taux de rebonds Comment l'interpréter
Sous 2 % Objectif prudent
À partir de 5 % Risque de mise sous surveillance par AWS
À partir de 10 % Risque de suspension des envois

Ces valeurs sont des repères de réputation, pas une permission d'aller jusqu'à 5 %. AWS tient aussi compte du contexte et de l'historique du compte.

Les rebonds viennent souvent de listes anciennes, d'erreurs de saisie ou de contacts dont la provenance est incertaine. Un formulaire avec confirmation d'inscription (double opt-in) peut aider à limiter les mauvaises adresses, sans remplacer une bonne gestion de la liste.

Les plaintes : un signal à prendre encore plus au sérieux

Un abonné qui clique sur « Signaler comme spam » vous envoie un message assez clair : il ne veut pas recevoir cet email, ou ne reconnaît pas l'expéditeur.

Quand le fournisseur transmet la plainte à SES, vous pouvez la récupérer via les mécanismes de notification, notamment Amazon SNS, et exclure immédiatement cette adresse des prochains envois. Attention : tous les fournisseurs ne transmettent pas les plaintes individuelles. Un taux faible dans SES ne raconte donc pas toute l'histoire.

Taux de plaintes SES Comment l'interpréter
Sous 0,1 % Objectif prudent
À partir de 0,1 % Risque de mise sous surveillance
À partir de 0,5 % Risque de suspension des envois

Chez Gmail, surveillez aussi Google Postmaster Tools. Google recommande de maintenir le taux de spam signalé par les utilisateurs sous 0,1 % et d'éviter qu'il atteigne 0,3 %. Cette mesure n'est pas identique au taux de plaintes affiché par SES.

Pour éviter les plaintes, le plus efficace n'est pas de changer une ligne de DNS. C'est de respecter les attentes des abonnés :

  • expliquer clairement, au moment de l'inscription, ce qu'ils vont recevoir et à quelle fréquence ;
  • utiliser un nom d'expéditeur qu'ils reconnaissent ;
  • proposer un lien de désinscription facile à trouver, et le mécanisme de désinscription en un clic lorsque les règles applicables l'exigent ;
  • éviter de relancer indéfiniment des personnes qui n'interagissent plus avec vos campagnes ;
  • ne jamais réimporter des contacts désinscrits ou ayant signalé vos messages comme spam.

Une campagne de réengagement peut être pertinente pour certains abonnés inactifs, mais ce n'est pas une bonne idée de réécrire massivement à une vieille liste dont vous ne connaissez plus la qualité.

Quels indicateurs regarder dans la pratique ?

Inutile de consulter dix tableaux de bord tous les matins. Commencez par quelques sources complémentaires :

  • Amazon SES : le tableau de bord de réputation permet de suivre les rebonds, les plaintes et l'état de votre compte.
  • Amazon CloudWatch : des alarmes sur Reputation.BounceRate et Reputation.ComplaintRate peuvent vous avertir lorsque les indicateurs se dégradent.
  • Google Postmaster Tools : utile pour observer les signaux de réputation et les plaintes chez Gmail, lorsque suffisamment de données sont disponibles.
  • Les rapports DMARC : ils aident à identifier les sources qui envoient des messages au nom de votre domaine et leurs résultats d'authentification.

Aucun de ces outils ne vous donne, à lui seul, un pourcentage fiable d'emails arrivés dans la boîte principale de tous vos destinataires. C'est précisément pourquoi il faut croiser les signaux plutôt que se fier à un unique score.

Et si vous ne voulez pas tout gérer dans AWS ?

Amazon SES fournit l'infrastructure d'envoi, mais la gestion des campagnes, des abonnés et d'une partie du suivi reste à construire ou à confier à un autre outil.

Mailomia permet d'utiliser votre propre compte SES pour envoyer des newsletters depuis une interface dédiée. Il accompagne la configuration du domaine, gère les exclusions liées aux rebonds et aux plaintes, affiche les principaux indicateurs SES et propose des plans de warm-up. Cela simplifie le travail quotidien, mais ne remplace ni une liste de qualité ni les décisions de Gmail, Outlook ou Yahoo sur le classement des messages.

Mailomia est gratuit jusqu'à 5 000 emails par mois ; les frais d'envoi facturés par AWS restent distincts.

Avant votre prochain envoi

Vérifiez que DKIM et DMARC sont en place, et que SPF est correctement configuré si vous utilisez un MAIL FROM personnalisé. Assurez-vous que les désinscriptions, les rebonds permanents et les plaintes sont bien pris en compte. Si votre domaine ou votre activité d'envoi est récente, commencez avec une audience engagée et augmentez les volumes seulement si les résultats le permettent.

La délivrabilité ne se règle pas une fois pour toutes. Une bonne configuration vous évite des problèmes techniques ; la confiance des destinataires se construit campagne après campagne.

Sources

Mailomia est l'outil que nous développons. Les conseils de cet article valent quel que soit l'outil utilisé.