Amazon SES permet d'envoyer des milliers d'emails pour quelques dollars. C'est tentant pour une newsletter, surtout quand le prix de votre outil d'email marketing augmente avec le nombre d'abonnés.
Mais SES ne gère pas toute une campagne à votre place. Entre le formulaire d'inscription et le rapport d'envoi, il faut suivre les contacts, traiter les désinscriptions, gérer les erreurs et respecter les limites d'AWS. Vous pouvez développer ces fonctions, mais il faudra aussi les tester et les maintenir.
Ce que SES fait déjà (et ce qu'il ne fait pas)
Amazon SES n'est pas simplement un serveur SMTP. Il permet d'envoyer des emails par API ou SMTP, d'authentifier votre domaine avec DKIM, de recevoir des événements de livraison, de rebond ou de plainte et de suivre les ouvertures et les clics lorsque le suivi est configuré.
Il propose aussi une liste de suppression au niveau du compte et des fonctions de gestion de contacts et de désinscription. Autrement dit, vous ne partez pas de zéro.
En revanche, SES ne vous donne pas une interface complète pour préparer une newsletter, segmenter votre audience, concevoir vos campagnes, programmer les envois et lire des rapports faciles à comprendre. Ces fonctionnalités nécessitent une couche supplémentaire, développée par vos soins ou fournie par un autre outil.
Côté prix, l'envoi est facturé selon l'offre SES utilisée. Les tarifs mentionnés dans la documentation AWS doivent être vérifiés pour votre région et votre configuration, et les éventuels services annexes peuvent s'ajouter à la facture.
Ce qu'il faut gérer pour une vraie newsletter
Les inscriptions : pas seulement une liste d'adresses
Une liste de contacts ne se résume pas à un fichier CSV. Pour chaque personne, vous devez savoir si elle est abonnée, si elle s'est désinscrite et si son adresse doit être exclue des prochains envois.
Vous devez aussi pouvoir retrouver l'origine de son inscription et les éléments qui établissent son consentement, lorsque celui-ci est nécessaire. Un formulaire en double opt-in est souvent un bon choix : il confirme que la personne contrôle bien l'adresse saisie et réduit les inscriptions erronées. Ce n'est toutefois pas une obligation universelle.
Le plus important est d'éviter qu'un import ou une mauvaise manipulation réactive des personnes qui ne veulent plus recevoir vos emails.
La désinscription doit fonctionner partout
Un lien « Se désinscrire » en bas du message ne suffit pas toujours. Pour les expéditeurs concernés par les exigences de Gmail et Yahoo, il faut aussi prendre en charge la désinscription en un clic, notamment à l'aide des en-têtes List-Unsubscribe et List-Unsubscribe-Post.
Dans la pratique, cela veut dire créer un mécanisme fiable : identifier le bon contact, enregistrer immédiatement sa demande et s'assurer qu'aucune campagne suivante ne lui sera envoyée. Les règles applicables dépendent notamment du type d'email et du volume envoyé.
Les rebonds et les plaintes ne peuvent pas attendre
Une adresse qui n'existe plus ? Un destinataire qui signale votre newsletter comme spam ? SES peut vous transmettre ces événements, notamment via Amazon SNS.
Mais recevoir une notification n'est que la première étape. Votre système doit ensuite mettre à jour les contacts et empêcher de nouveaux envois vers les adresses concernées. Il faut aussi distinguer les erreurs temporaires des rebonds permanents.
Ce traitement est essentiel pour protéger votre réputation d'expéditeur. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur la délivrabilité avec Amazon SES.
L'authentification du domaine
Avant d'envoyer vos campagnes, configurez correctement DKIM, SPF et DMARC. SES facilite une partie du travail, mais vous devrez intervenir sur les DNS de votre domaine.
Un domaine MAIL FROM personnalisé peut également être utile pour obtenir l'alignement SPF. Attention toutefois : un email peut satisfaire DMARC grâce à DKIM aligné, même sans MAIL FROM personnalisé. Et une authentification réussie ne garantit pas l'arrivée en boîte de réception.
La création de la newsletter
Il vous faut ensuite produire un email lisible sur mobile, dans Gmail, Outlook ou Apple Mail. Vous pouvez coder le HTML vous-même, utiliser des modèles ou passer par un éditeur visuel.
Il ne suffit pas que le résultat soit joli. Il faut aussi gérer les images, les liens, les variables de personnalisation, la version texte et les tests avant l'envoi. Une petite modification qui semble anodine dans un navigateur peut donner un résultat très différent dans un client email.
L'envoi d'une campagne sans mauvaise surprise
Imaginons une newsletter destinée à 50 000 personnes. Vous ne pouvez pas simplement lancer 50 000 appels API sans vous préoccuper des limites de votre compte SES.
Il faut respecter les quotas d'envoi, gérer les erreurs et les tentatives de reprise, éviter les doublons, appliquer les exclusions et permettre la planification. Il faut aussi s'assurer qu'une désinscription survenue pendant l'envoi est bien prise en compte.
Ce sont des détails peu visibles lorsque tout fonctionne. Ils deviennent très importants le jour où une campagne s'interrompt à mi-parcours.
Comprendre les statistiques
SES peut produire des événements d'ouverture, de clic, de livraison ou de rebond. Pour obtenir un rapport par campagne, vous devez collecter ces événements, les associer aux bons messages et les présenter clairement.
Gardez aussi à l'esprit que les ouvertures ne sont pas une mesure parfaitement fiable : certains clients email protègent la confidentialité de leurs utilisateurs en préchargeant les images. Un taux d'ouverture ne dit donc pas exactement combien de personnes ont lu votre newsletter.
Développer son propre outil ou utiliser Mailomia ?
Développer votre propre outil vous donne le contrôle sur ses fonctionnalités, mais le travail va bien au-delà de l'intégration de l'API SES. Il faut construire l'interface, gérer les contacts et les campagnes, tester les envois, puis corriger les problèmes lorsqu'ils surviennent. Les règles des messageries évoluent aussi, ce qui ajoute de la maintenance. Même pour une équipe expérimentée, ce n'est pas un petit chantier.
Mailomia permet d'utiliser votre propre compte Amazon SES sans développer cette plateforme. Vous disposez d'un éditeur visuel, de listes de contacts, de formulaires d'inscription, de la gestion des désinscriptions et de statistiques par campagne. Les envois passent toujours par votre compte SES et restent facturés par AWS.
Mailomia est gratuit jusqu'à 5 000 emails par mois, puis coûte 19 $/mois, hors frais d'envoi facturés par AWS.
Ce qu'il faut retenir
Amazon SES peut être une excellente base pour envoyer des newsletters à faible coût. Il ne remplace simplement pas, à lui seul, une plateforme d'email marketing.
Si vous développez votre propre solution, ne sous-estimez pas les tâches moins visibles : consentement, désinscriptions, suppressions, reprises après erreur et suivi des campagnes. Sans elles, les problèmes apparaissent vite, notamment lorsque votre liste grandit.


